Fort De Bregancon Bormes Les Mimosas JcabanelFort De Bregancon Bormes Les Mimosas Jcabanel
©Fort de Brégançon à Bormes-les-Mimosas-JCabanel|Cabanel.J
Platanes, message codé et galerie d’art :

8 anecdotes sur la Résistance et le Débarquement de Provence

Saviez-vous que Churchill était opposé au Débarquement de Provence ? Que la plage du Dramont à Saint-Raphaël n’était pas minée ? Ou qu’un capitaine français a libéré le fort de Brégançon, devenu le lieu de villégiature du Président de la République, sur un coup de poker ? Parfois, les petites histoires nous en apprennent beaucoup sur la grande.

Des platanes d’un château de La Motte ont guidé le Débarquement aéroporté

15 août 1944. Il est tôt, très tôt – 4h30 du matin -, quand la 1ère Airborne Task Force du général Frédérick est parachutée au-dessus des villages du Muy et de La Motte. Elle compte 9700 hommes, dont deux équipes françaises du Bataillon de choc. Son objectif : bloquer la vallée de l’Argens. Dans la foulée et jusqu’au soir, 400 planeurs déposent dans cette zone quantité de matériel lourd, dont véhicules et armements. Ce jour-là, pour se repérer facilement depuis le ciel, les pilotes désignent comme repère l’allée de platanes du château de Valbourgès, à La Motte. Propriété familiale, ce domaine viticole produit aujourd’hui d’excellents rouges, rosés et blancs en appellation Côtes de Provence et Vin de pays du Var.

Le code « Le chef est affamé » a annoncé le Débarquement

Le soir du 14 août, c’est par un message codé diffusé sur l’antenne française de la radio BBC Londres que les Forces françaises de l’Intérieur sont averties du Débarquement de Provence. Un premier message, « Nancy a le torticolis », prévient qu’il est imminent. Au total, environ 12 messages sont diffusés, dont le dernier, « le chef est affamé », annonce le lancement des hostilités. À partir de 1941, les ondes de la BBC sont très régulièrement utilisées par les réseaux de Résistance pour communiquer. Les formulations reprennent celles de messages personnels adressés par ceux qui ont fui la France à leur famille. Après l’appel du général de Gaulle, lui aussi diffusé par BBC Londres, des millions de Français écoutent alors quotidiennement cette fréquence.

Les alliés savaient que la plage du Dramont n’était pas minée

À Saint-Raphaël, on la connaît comme la plage du Dramont. En août 1944, pour les alliés, son nom de code est Camel Green Beach. Elle est cruciale pour asseoir la tête de pont de l’opération Dragoon à Saint-Raphaël et Fréjus, zone stratégique à l’entrée de la plaine de l’Argens pour atteindre Toulon. Autre avantage, et de taille : les alliés le savent, la plage du Dramont n’est pas minée. Ils en ont été informés par Louis Marchand, membre du renseignement anglais et sous-directeur de la carrière d’estérellite qui surplombe la plage. Les Allemands s’en servent pour expédier par la mer ce porphyre bleu très dur qu’ils utilisent pour renforcer leurs constructions. Une information précieuse !

Churchill était opposé au Débarquement de Provence

Mais il a ensuite séjourné à Aix pour peindre

À l’origine, le Débarquement de Provence doit se dérouler en même temps que celui de Normandie du 6 juin 1944, qui marque le début de l’opération Overlord. Cette stratégie doit permettre de prendre les Allemands en tenaille entre deux fronts. Ce plan est soutenu par les Américains, puis par Staline. Mais Churchill, lui, n’y est pas favorable : il prône une opération dans les Balkans, ce que Staline refuse. Rallié tant bien que mal à la cause, il choisira la Provence comme destination de vacances après la guerre. À l’été 1948, il passe six semaines en famille à l’Hôtel du Roi René d’Aix-en-Provence. Un séjour où il partage son temps entre rédaction de ses mémoires, balades et peinture de paysages.

Jean Moulin a ouvert une galerie d’art à Nice

Au 22 rue de France, à Nice, une plaque perpétue le souvenir de cet épisode : « Jean Moulin, l’unificateur de la Résistance et le créateur du CNR fit le sacrifice de sa vie pour que la France vive libre. Cette maison abritait la galerie Romanin qui servait de « couverture » à ses activités clandestines d’octobre 1942 à juin 1943 avant son arrestation à Caluire ». Pour le héros de la Résistance, le métier de galeriste, qui implique de nombreux déplacements, constitue un camouflage idéal. D’autant que Nice est alors occupée par les Italiens, qui, contrairement aux Allemands, ne savent pas qui il est. Féru d’art, Jean Moulin, dessinateur amateur, possède d’ailleurs sa propre collection d’œuvres.

Des Allemands se sont fait passer pour des résistants à Oraison

Aux confins des de la Provence et des Alpes, Oraison, aujourd’hui réputée pour ses champs de lavande, s’impose rapidement comme un haut-lieu de Résistance en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Mais le 16 juillet 1944, un mois avant le Débarquement de Provence, les membres du réseau de résistance local, le Comité départemental de Libération dirigé par Louis Martin Bret, tombent dans un piège tendu par l’ennemi. Ce jour-là, les résistants se réunissent dans le village. Informés de ce rendez-vous, des Allemands déguisés en maquisards se rendent à Oraison, où ils simulent une attaque. Croyant avoir à faire à des alliés, l’un d’entre eux se rend à la mairie et lacère le portrait de Pétain. Finalement, les Allemands se dévoilent avant d’arrêter les membres du réseau, qui sont incarcérés à Marseille puis fusillés à Signes le 18 juillet 1944.

Le fort de Brégançon a été repris aux Allemands sur un coup de bluff

Édifié au XVIIe siècle sur un piton rocheux au large de Bormes-les-Mimosas, le fort de Brégançon, lieu de villégiature officiel du Président de la République française, est tombé aux mains de l’ennemi pendant la Seconde Guerre mondiale. 80 soldats allemands y sont encore retranchés le 17 août 1944, quand il est repris par le 3e commando d’Afrique du capitaine François de Leusse… sur un coup de bluff ! Celui-ci parvient à leur faire croire que ses hommes sont en supériorité numérique et bien équipés. Le plan se révèle efficace : dans la foulée de l’assaut, les Allemands se rendent sans combattre. Mais après avoir éliminé ceux d’entre eux qui ne souhaitaient pas baisser les armes…

Le Maquis Ventoux est né dans un hôtel de Sault

En vacances en Provence, au pied du Mont-Ventoux, vous poserez peut-être vos valises à l’hôtel-restaurant le Louvre, dans le centre historique de Sault. Sachez qu’entre ses murs, une page importante de la Résistance dans le Vaucluse s’est écrite. En décembre 1941, c’est ici que se rencontrent pour la première fois les deux fondateurs du Maquis Ventoux, Philippe Beyne et Maxime Fisher. Le premier est lieutenant-colonel de réserve, le second avocat au barreau de Paris, dont il a été radié car juif. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Maquis Ventoux devient l’un des plus importants foyers de la Résistance en Provence, avec le soutien actif de la population locale.

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