© Cyril CHARPIN

Dans les baskets de Sébastien Camus

Un coureur ultra-trail

Sébastien Camus, champion ultra-trail, vit et s’épanouit aux portes du Mercantour et de la Vallée des Merveilles, dans la ville de Sospel. Aujourd’hui, il partage avec nous son histoire entre amour de la nature, passion pour le trail-running et attachement à son territoire des Alpes-Maritimes !

Les grands espaces des Alpes-Maritimes

… un terrain de jeu exceptionnel pour Sébastien Camus

La Côte-d’Azur et les Alpes-Maritimes forment un territoire inestimable et inégalable pour la pratique de la course à pied nature plus communément connue sous le nom de trail-running. Notre sportif pratique une version encore plus « extrême » qui nécessite une grande préparation mentale : l’ultra-trail. Ses entraînements qui varient entre 20 et 30 heures par semaine nécessitent donc forcément de grands espaces. C’est ici qu’est son paradis :

J’ai souvent été amené à voyager à travers le monde et j’ai découvert des endroits magnifiques. Pourtant, aucun n’est comparable à celui dans lequel je vis depuis mes 18 ans. Nous avons les plus beaux spots de trail entre le bord de mer et la végétation assez sèche, les paysages d’altitude encore plus variés… .

La nature pour leitmotiv

De Sospel à Casterino : des sports outdoor sans frontière

Les épreuves sont longues et endurantes : 20 à 24 heures d’effort non-stop ce qui justifie un temps d’entrainement conséquent. Grâce à l’environnement des Alpes-Maritimes et des Alpes de Haute Provence, Sébastien peut faire des distances assez importantes avec des sessions de 60 à 80 kilomètres par jour. Une diversité d’itinéraires et de possibilité liée à l’étendue de cette zone géographique. Il nous donne un bel exemple de parcours :

Souvent, je pars de Sospel jusqu’à la Vallée des Merveilles en rejoignant Castérino pour y passer la nuit et le lendemain je rentre sur mes traces de la veille. En temps normal, ce parcours correspond à 3 ou 4 jours de randonnée mais pour moi c’est ½ journée d’entrainement. En complément je fais aussi du vélo, notamment avec l’événement Gravel Trophy. J’ai d’ailleurs une autre maison vers la Foux d’Allos ce qui me permet de traverser tous les cols : Turini, la Colmiane… C’est merveilleux car je peux voyager, ma femme me suit avec mes enfants : des journées itinérance avec toute ma famille !

Une affaire de famille… et de mental !

« Il y a une ligne de départ, une ligne d’arrivée : entre les deux, il y a une aventure unique à vivre »

À l’origine, je détestais la course à pied et le vélo. J’ai commencé à pratiquer ces sports pour me rendre au travail quand j’étais étudiant, mais petit à petit c’est devenu une évidence : j’apprenais enfin à gérer mon corps et mon mental. Il ne faut pas se limiter à ce que l’on pense. J’invite les gens à pratiquer pour éliminer ces barrières psychologiques que l’on se crée et à battre LEUR record

Aussi surprenant qu’inspirant, l’approche paradoxale de son activité pourrait s’expliqué par sa vision de la compétition. Donner le meilleur de soi-même et réussir à se conditionner dans cette démarche-là. De cette manière, les départs de course s’appréhendent sans stress mais en pleine conscience de ses capacités. Le jour J, ce champion ultra-trail connaît la ligne de départ, la ligne d’arrivée et entre les deux, c’est l’aventure et le dépassement de soi qui prime. Des valeurs qu’il partage d’ailleurs avec son père et son frère, passionnés de ce sport mais aussi bien-sûr, avec la Team Garmin Adventure : une équipe très soudée.

Ambassadeur de son territoire

Un compétiteur dans l’âme et dans tous ses projets

Pour faire rayonner ce territoire et faire visiter Sospel, Sébastien et sa femme lancent un projet de rénovation de bâtisse. L’idée : accueillir des visiteurs pour leur faire découvrir les paysages et alentours typiques mais aussi partager des expériences et conseils sportifs avisés !

Beaucoup de gens me sollicitent déjà. J’aimerai développé des stages avec un entrainement par jour… sur des terrains de jeux différents tous les jours !

Car c’est bien la spécificité du Sud Est : une pratique sportive possible toute l’année entre 350 et 2000 mètres d’altitude grâce à son climat sec. Cette connexion avec la nature est devenue un état d’esprit général dans l’alimentation et le processus de santé du coureur qui « privilégie une agriculture raisonnée, de proximité pour contribuer au travail des producteurs locaux, 99% bio et uniquement de saison. Je me soigne exclusivement à base de produits naturels, puisant par exemple dans les bienfaits de l’huile de lavandin produite dans notre région. »

Top chrono !

Sébastien Camus en 5 secondes

La course qui vous a le plus marqué ? Pourquoi ?
La Diagonale des Fous en 2015, une 2nde place à l’arrivée mais surtout une fin de course unique dans ma vie de sportif. J’ai avalé les 60 derniers kilomètres dans un état de transe incroyable, je me sentais me surpasser avec des sensations incroyables. 
Votre secret pour vous surpasser ?
Une préparation mentale au quotidien, une connaissance de mon corps poussée à l’extrême et surtout une relativisation sur ma pratique.
Votre meilleur conseil sportif pour un novice en trail-running ?
La progressivité ! Essentielle surtout dans cette pratique fortement médiatisée par l’Ultra et l’extrême. Beaucoup de personnes qui ne courent pas souvent sont attirées par cette pratique engagée mais qui nécessite beaucoup de préparation pour ne pas se blesser et pouvoir perdurer.
Votre gourmandise locale préférée ?
La tourte de blettes sucrée !
Votre spot préférée des Alpes-Maritimes ?
Sospel bien sûr, entre mer et montagne, aux portes du Parc national du Mercantour où coulent de nombreux cours d’eau magnifiques, source de vie et de régénération pour moi. L’eau est intimement liée à la vie et la nature. Absente dans les paysages arides, les panoramas et paysages sont du coup souvent trop extrêmes et agressifs, moins une source d’inspiration pour moi.

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