© Le Temps Des Secrets Pagnol Jlother | JEAN-CLAUDE LOTHER

La Provence et Pagnol à l’affiche du film Le Temps des Secrets

Le Temps des Secrets est l’adaptation du roman publié en 1960 par Marcel Pagnol, troisième tome des Souvenirs d’enfance du romancier. Tourné entre Marseille, Allauch et Aubagne, le film met en scène Mélanie Doutey, Guillaume de Tonquédec et le jeune Léo Campion. Aux commandes de la réalisation, Christophe Barratier partage sa vision de ce film lumineux et espiègle.

 

Ce film est une adaptation d’un monument de la littérature :

comment l’avez-vous « fait vôtre » ?

On peut dire que j’étais un bon client pour ce sujet. Ma grand-mère était comédienne et ses murs étaient tapissés de photos avec Raimu, Fernandel… Elle a joué Marius, TopazePagnol, j’en ai toujours entendu parler. Quand Marius passait à la télévision, c’était presque « couvre-feu » à la maison ! L’œuvre de Pagnol m’est donc toujours apparue de façon assez naturelle. Je ressens une certaine connivence et une familiarité envers ses personnages.

Le film tourne autour de Marcel qui quitte l’école primaire et fait son entrée dans « la cour des grands », découvrant les premiers émois mais aussi les secrets cachés par ses parents. Pour l’adaptation cinématographique, j’ai dû faire un travail de réorganisation des scènes, je suis parfois allé piocher dans d’autres œuvres de Pagnol, pour nourrir des dialogues, et j’ai rendu certains moments plus spectaculaires comme la chasse au serpent dans la grotte.

Les livres de Pagnol traversent les époques :

pourquoi garde-t-il selon vous cette place si particulière dans l’imaginaire collectif ?

Pagnol dit des choses très profondes à partir de détails ; il disait d’ailleurs « Les détails oui, c’est vrai. Pour le reste, j’ai parfois inventé ! ». Pagnol se place tellement à hauteur d’hommes que ses récits continuent de trouver un écho… C’est bien par ce qu’ils font que les hommes continuent de se raconter. C’est pareil pour les enfants. J’ai été frappé, sur le tournage, de voir comme ils partagent les sentiments, les ressentis, les jeux aussi, de leurs personnages évoluant en 1905.

 

Vous avez tourné en Provence, à Allauch, Aubagne par exemple :

quelle est votre relation à ce Sud ?

Je suis un sudiste de cœur. Je ne connaissais pas très bien Marseille et ses environs, mais nous avons été formidablement accueillis. Au bout de 15 jours de tournage, j’avais l’impression d’être du coin. Et nous avons aussi eu la chance de tourner avec une distribution quasiment toute locale, ça a été un grand plaisir.

Dans les images, j’ai choisi de traiter les paysages, et notamment la Colline de l’Étoile comme un personnage du film. Nous avons composé avec la lumière du sud, en attendant bien souvent les lumières de fin de journée, le soleil rasant qui laisse apparaître les ombres. Une des scènes du film présente un diner assez long, je voulais tourner cette scène avec ce sublime ciel rosé de fin de journée : il a fallu s’adapter et le tourner en trois soirs, tellement ce moment et ces couleurs sont fugaces. Plus inattendu, nous avons recréée pour le film quelques « légendes » comme le funiculaire qui reliait Notre-Dame de la Garde ou le pont transbordeur, dans le port de Marseille !

En Provence réside l’âme de Pagnol

Les lieux à découvrir

●        La Treille : anciennement village, aujourd’hui quartier de Marseille et terre d’inspiration pagnolesque. On s’y balade librement grâce au parcours sur place, ou accompagné par un guide.

●        La maison natale de Marcel Pagnol à Aubagne : un lieu hommage de 130 m2, où se mêlent cahiers d’écolier et photographies de famille.

●        Le Château de la Buzine, qui accueille actuellement une exposition sur Pagnol, réalisée par Nicolas Pagnol, son petit-fils.

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