Les abbayes cisterciennes en Provence

Nichées au plus secret de l’arrière-pays, les abbayes de Sénanque, du Thoronet et de Silvacane incarnent une autre Provence, spirituelle et mystique. Héritage cistercien, les abbayes de Provence témoignent du rayonnement de l’ordre dans la région à l’époque médiévale.

Un peu d’histoire

Fondé par Saint-Bernard de Cîteaux à la fin du XIe siècle, en plein réveil spirituel de l’Occident chrétien, l’ordre cistercien est organisé autour du travail, de la prière et de la vie liturgique. Il incite ses membres à vivre en retrait du monde. C’est dans ce contexte que sont édifiées les abbayes cisterciennes de Provence, dont le dépouillement reflète l’austérité prônée par l’ordre. Au XIIe siècle, l’ordre de Cîteaux se développe sous l’impulsion de Bernard de Clairvaux (1090-1153), maître spirituel des cisterciens.

L’abbaye de Sénanque

Située dans la vallée du même nom, près de Gordes dans le Parc naturel régional du Luberon, l’abbaye de Sénanque, cernée de champs de lavande et de collines boisées, a été bâtie en 1148. Incendiée et en partie détruite lors des guerres de religion du XVIe siècle, elle fût ensuite laissée à l’abandon. En 1988, une nouvelle communauté de moines s’y est établie, renouant avec des siècles de tradition cistercienne.

L’abbaye du Thoronet

Construite en 1146 dans l’arrière-pays varois, l’abbaye du Thoronet se distingue par son architecture, qui allie jeu de proportions et de volumes dans un style dépouillé. L’architecte-urbaniste François Pouillon s’en est inspiré au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Depuis 1991, c’est dans ce cadre atypique que se tiennent les Rencontres internationales de Musique médiévale, qui réunissent environ 2.500 spectateurs au Thoronet.