Symbole du raffinement aixois, l’Hôtel de Boisgelin incarne l’élégance du XVIIe siècle. Situé dans le quartier Mazarin, c'est un joyau architectural, témoin discret de l’histoire.
Commandé en 1650 par la volonté de Louis XIV, l’Hôtel de Boisgelin est érigé sous l’impulsion de l’archevêque Michel Mazarin, qui lance l’agrandissement de la ville vers le sud. Il est édifié pour les Leblanc de Mondespin, par les architectes Pierre Pavillon et Jean-Claude Rambot. Il s’élève sur les anciens terrains de l’Ordre de Saint-Jean de Malte. Il borde aujourd'hui la place des 4 dauphins. En 1697, l'hôtel est cédé au marquis de Brüe puis à la famille de Boisgelin à la fin du XVIIIème siècle.
Conçu pour accueillir les familles nobles d’Aix, ce splendide hôtel particulier s’inspire directement de l’élégance parisienne, dans l’esprit du Marais. Sa cour et son jardin rappellent le raffinement classique de la capitale.
Entièrement construit en pierre de Bibémus — ce site emblématique où Cezanne posait son chevalet — l’édifice rayonne de nuances jaune orangé. Trois années auront été nécessaires pour achever ce chef-d'œuvre.
À l'extérieur, au fond de la cour pavée, se trouve la porte de l'hôtel, entourée de pilastres. Les vantaux contrastent l'exubérance de la façade par la simplicité de ces battements présentant un décor de feuilles de laurier enrubannées sous une console à feuille. En comparaison, l'imposte possède un large cartouche à enroulement de cuir, le blason des Boisgelin, il est surplombé d'un mufle de lion et il est bordé de festin de fleurs, de fruits et de gerbes de roseaux. Au XVIIIème siècle, les choses changent, les fenêtres sont agrandies et une galerie-terrasse de circulation est aménagée au-dessus de l'enceinte de la cour.
À l’intérieur, plafonds peints et décors en plâtre sculptés s'ajoutent à la noblesse du lieu. La cour nord abrite orangeries et remises aux arches en anse de panier, tandis qu’à l’est, une majestueuse porte sculptée ouvre sur un escalier en marbre polychrome, inspiré de Versailles et ajouté en 1875.
Le 28 janvier 1964, l'hôtel est entièrement classé monument historique.
Toujours propriété de la même famille, l’Hôtel de Boisgelin fut aussi le décor discret d’histoires d’amour célèbres, notamment celle d’Alain Delon et de Mireille Darc.
Ce lieu emblématique a séduit le cinéma : on le retrouve dans Le Hussard sur le toit (2005) de Jean-Paul Rappeneau, ou encore Un balcon sur la mer (2009) de Nicole Garcia avec Jean Dujardin.



