Il est édifié entre 1647 et 1650 pour un riche marchand, Pierre Maurel, qu'une secrétaire à la Cour des Comptes de Provence venait d'anoblir.
Pierre Maurel est drapier et provient d'un milieu modeste, il réussit à faire fortune notamment grâce à ses trois femmes. La première était la fille d'un teinturier, la seconde était la fille d'un banquier et la troisième était la fille du marquis de Pontèves. Pour honorer son nouveau titre de marquis, il décide de faire construire un hôtel pour montrer son succès. Il n'est pas bien vu par la noblesse car non considéré comme un vrai noble. Il se fait aussi appeler "le Crésus de Provence". Pierre Maurel achète le terrain en 1647 dans le quartier luxueux de l'époque. Cela fait de l'hôtel une des premières grandes demeures construites dans le nouveau quartier promu par Michel de Mazarin, le futur Cours Mirabeau. Pierre Maurel va faire appel à l'architecte Pierre Pavillon et lui demande de bâtir un des hôtels particuliers les plus ostentatoires. La façade sera des plus remarquables, dessinée par Jean Lombard, avec deux figures gigantesques, réalisées par Jacques Fossé. Ils marquent le début de l'ère du Baroque aixois.
Les fameux atlantes marquent la particularité de cette façade qui présente une disposition classique à trois ordres antiques (dorique, ionique et corinthien). Ils envoient un message fort : l'image d'un homme rustique, solide qui est parvenue au somment de sa gloire. Ils supportent un balcon en ferronnerie d'une facture raffinée en forme de volutes, semblable à celui de l'hôtel de ville ou du Pavillon de Vendôme. Côté sud, le jardin renferme une fontaine monumentale à vasques accompagnée d'une statue de Neptune, adossée au mur du fond comme à l'hôtel de Boisgelin. Côté nord, la façade donne sur le grand Cours.
La façade reflète le peu d'intérêt que Pierre Maurel accorde aux nobles de l'époque avec ses atlantes provocateurs.
L'hôtel comporte de nombreux points communs avec les autres hôtels particuliers : l'escalier monumental, le décor sur façade avec des pilastres d'angles à refends, le décor de moulures et rosaces sur la porte d'entrée comme à l'hôtel de Châteaurenard. Ou bien encore, la superposition des ordres antiques comme sur la façade de l'hôtel de ville, ou les deux atlantes en écho au Pavillon de Vendôme.
Au XIXe siècle l'hôtel rentre dans la famille d'Espagnet. Au fil des années, il accueille des personnes prestigieuses comme la Grande Mademoiselle et l'Infant d'Espagne puis des institutions tel que le tribunal criminel des Bouches-du-Rhône à la Révolution, la sénatorerie d'Aix sous l'Empire et des cafés au XIXème siècle. Lors de la Seconde Guerre Mondiale, en 1942, la Kommandantur s'installe. Elle cède sa place au Parti Communiste Français à la Libération, et en 1950 le Rectorat récupère le lieu. Aujourd'hui, il est occupé par le Tribunal de Commerce.
Classé au titre des Monuments historiques en 1990.
Anecdote : grâce à la configuration de l’hôtel, il est possible de savoir comment se déplaçait Pierre Maurel de Pontevès. À l’époque il y avait deux moyens de transports pour les nobles, le carrosse ou les chaises à porteurs. L’hôtel ne possède pas d’écuries dans le jardin et il n’y avait pas la place pour un carrosse de passer. Donc, Pierre Maurel utilisait avant tout des chaises à porteur.


