© Photo François FERNANDEZ

Henri Matisse, simplifier la forme

Maitre incontesté de l’art moderne, chef de file du fauvisme et adepte d’une peinture simplifiée à l’extrême, Henri Matisse a légué en héritage une œuvre indissociable de l’ambiance méditerranéenne, et plus particulièrement de Nice et de la Côte d’Azur.

Henri Matisse

Formes, couleurs et influences méditerranéennes

Figure majeure de l’art moderne de la seconde partie du XXe siècle, Henri Matisse (1869-1954) a fait de la « simplification de la peinture » le principe fondateur de son œuvre. En 1905, ses toiles côtoient celles de son ami Derain lors d’une exposition qui fait scandale : les couleurs utilisées sont jugées trop intenses. Un critique très choqué et peu inspiré les taxe de « fauves ». Matisse et Derain reprennent ce qualificatif à leur compte. Le fauvisme est né. Matisse explique : « Voici les idées d’alors : construction par surfaces colorées, recherche d’intensité dans la couleur. La lumière n’est pas supprimée, mais elle se trouve exprimée par un accord des surfaces colorées intensément ». Dans les années 1900 et 1910, Matisse découvre l’Andalousie, le Maroc et l’Algérie. Ces voyages marqueront durablement sa peinture, reconnaissable à ses formes pures et plates, parfois cernées d’un trait noir.

Découvrir Matisse

Le Musée Matisse de Nice

Célèbre de son vivant, dès les années 1910, Henri Matisse est exposé à Moscou, Berlin, Munich, Londres, New York… En 1915, il pose ses valises à Nice, capitale de la Côte d’Azur. L’atmosphère de la Riviera l’inspire. Sa peinture se fait plus descriptive : c’est l’époque des paysages, des scènes d’intérieur. Situé à seulement quelques mètres de l’atelier du maître, le Musée Matisse, qui lui est entièrement dédié, ouvre ses portes en 1963. Sa collection est unique au monde et constitue un témoignage exceptionnel : elle réunit un ensemble d’œuvres et d’objets qui proviennent quasiment tous de l’atelier de Matisse, permettant ainsi au visiteur de ressentir l’intimité de sa création. Parmi les œuvres icônes du musée, « Tempête à Nice », « Nature morte aux grenades », « Nu Bleu IV » ou « Fleurs et fruits », création monumentale de plus de 8 mètres de long. Le Musée Matisse est une porte ouverte sur le rêve. Comme l’a si bien dit le critique d’art Gaëtan Picon lors de l’inauguration des lieux, « L’œuvre d’Henri Matisse est, dans la peinture moderne, la seule ou presque à choisir d’être une louange du monde, un chant du bonheur humain. (…) Il s’efforce de fixer la réalité non dans ses avatars mais dans ce qu’elle a d’essentiel ».

Le Musée de Vence

Henri Matisse entretient un lien étroit avec Vence, où il s’installe en 1943. C’est ici que l’on peut admirer la chapelle du Rosaire, dont il a réalisé les vitraux et les céramiques murales et qu’il considérait comme son œuvre la plus aboutie. Depuis 2018, le Musée de Vence s’est quant à lui doté d’un espace permanent dédié à l’œuvre d’Henri Matisse. On y retrouve d’ailleurs des œuvres liées à la chapelle du Rosaire, dont des rosaces, mais aussi des dessins au fusain, des lithographies et des planches de l’ouvrage jazz.

La Fondation Maeght et le Musée Cantini

Le voyage dans les pas d’Henri Matisse se poursuit à deux pas de là, à la Fondation Marguerite et Aimé Maeght de Saint-Paul-de-Vence. On peut y découvrir les portraits de Marguerite Maeght réalisés par Henri Matisse. C’est à l’occasion d’une séance de pose que nait une amitié indéfectible entre Matisse et le couple de mécènes. Dernière étape : le Musée Cantini de Marseille. Il abrite « Académie d’homme » (1901), une œuvre marquante de l’œuvre d’Henri Matisse. Peu de temps avant de la peindre, il acquiert « Les Baigneuses », une toile de Paul Cézanne, qu’il considère comme son mentor dans l’apprentissage de l’art moderne. « Les Baigneuses » l’influencent largement lors de la réalisation d’ « Académie d’homme » : on y retrouve les mêmes contrastes de couleur très affirmés, qui donnent ce relief particulier à la toile. Comme un prélude au fauvisme…

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