Carnaval De Nice Cotedazur ClupariniCarnaval De Nice Cotedazur Cluparini
©Carnaval De Nice Cotedazur Cluparini|Luparini.C

Dans les coulisses du Carnaval de Nice

Événement phare de la Côte d’Azur connu dans le monde entier, le Carnaval de Nice nécessite des mois de préparation et de travail en amont. Avant, pendant et après, des centaines de passionnés s’activent en coulisses pour faire de ce moment une fête.

La préparation du Carnaval

Choix du thème et inventivité des Ymagiers

Tout commence par le choix du thème du carnaval. « Roi des mers et des océans » en 2025, « Roi de la pop culture » en 2024 ou « Roi de l’espace » en 2018, des univers ultra-variés se succèdent pour faire de chaque édition un rendez-vous singulier. « La décision finale du thème revient à Christian Estrosi, le maire de Nice, mais nous lui soufflons à l’oreille deux ou trois idées qui nous semblent intéressantes, à la fois plastiquement et au niveau du synopsis, en mettant en avant celle que l’on préfère », explique Caroline Constantin, la directrice du Carnaval de Nice. Une fois le thème défini, les ymagiers (dessinateurs, graphistes, illustrateurs…) répondent à une consultation organisée par la ville de Nice. Elle désigne les artistes retenus pour la conception graphique des chars. Ils puisent leur inspiration dans l’imagerie populaire (personnages mythiques et allégoriques, satire locale, politique et sociale). Les dessins sélectionnés sont ensuite transformés en chars et grosses têtes par les carnavaliers, dans les ateliers de la Maison du Carnaval (un hangar situé quartier Riquier) et de la Halle Spada, dans le quartier Saint-Roch.

Quand les chars et des costumes prennent vie

Pour donner vie aux dessins, des moules en plâtre sont tapissés de papier mélangé à de la farine et à de l’eau. Les modèles en carton-pâte ainsi obtenus sont ensuite peints, puis habillés – même si de nos jours, certains carnavaliers privilégient plutôt la résine de polyester. Constitué d’une armature métallique, le squelette du char est recouvert de tissu. Et puis, il y a bien sûr les costumes. « Pour imaginer ceux que portent les troupes de danseurs des chars, issues des écoles de danse locales, les carnavaliers doivent nous faire des propositions en lien avec la thématique du char. En parallèle des corsos carnavalesques, les costumes des ambassadrices des chars des batailles de fleurs sont conçus par la costumière Caroline Roux, qui élabore ses propres créations pour le carnaval depuis une dizaine d’années », précise la directrice du carnaval. La confection d’un costume nécessite entre 60 et 200 heures de travail pour le plus complexe !

Place au carnaval

Montée de carnavaline et ambiance roots

Ça y est, le jour J est arrivé, les festivités sont lancées ! En tout, 1600 personnes vont défiler dans les rues de Nice pendant le carnaval. L’organisation est donc de rigueur. « Pour préparer les ambassadrices des batailles de fleurs, on fait appel à des coiffeurs et maquilleurs professionnels : 8 personnes pour 14 filles ! Le rendez-vous est donné à 8h le matin pour un défilé qui démarre à 14h », explique Caroline Constantin. « Quand on sent la ferveur monter, on parle de carnavaline. Dans les loges, l’ambiance est un peu roots. Joueurs de batucada, échassiers, danseurs… Tout le monde se côtoie. Mais ce n’est pas le pays des bisounours non plus : parfois il y a des cris, des disputes, comme dans la vraie vie ! » Et pendant les défilés ? « L’ambiance est ultra-sportive ! On se balade avec un casque et un minuteur. C’est très intense car c’est du live : avec les mêmes chars, les mêmes éléments, on ne sait pas ce qui peut se passer d’un défilé à l’autre. C’est toujours une première, un véritable opéra de rue. Il y a beaucoup d’excitation et on finit aphone ! ».

 

Fleurs à profusion

Du côté des batailles de fleurs, la logistique est tout aussi exigeante : les 14 chars nécessitent chacun 3000 fleurs fraîches (œillets, roses, jonquilles, glaïeuls, tokyos, gerberas, strélitzias, dahlias, liliums et mimosa) issues à 80% de productions locales. À chaque bataille de fleurs, celles-ci sont intégralement distribuées au public. « Il faut imaginer un char qui part recouvert de fleurs, et qui en rentrant a l’allure d’un squelette », explique Caroline Constantin. Pour que le spectacle recommence, les fleuristes doivent patiemment repiquer une à une les 3000 fleurs fraîches dans des pains de mousse.

Et après ?

Et voilà, le Carnaval de Nice est terminé… jusqu’à l’année prochaine ! « D’abord, on se détend et on boit un coup », sourit la directrice de l’événement. « Les éléments décoratifs appartiennent aux carnavaliers qui en font donc ce qu’ils veulent. Ils sont aussi propriétaires des costumes de leurs troupes. Certains d’entre eux organisent des spectacles et peuvent éventuellement les réutiliser dans ce cadre-là. Les costumes des batailles de fleurs et les grosses têtes appartiennent à la collectivité et sont stockés. Ils sont l’ADN du carnaval de Nice ».

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