Sculpture du prophète Daniel, identifiable par une inscription biblique, évoquant le style bourguignon du XVe siècle. Rare œuvre à provenance connue de l’Inguimbertine, elle invite à comprendre l’étude des œuvres en l’absence de sources historiques.
Saisi par l’inspiration divine, un homme barbu représenté en pied tient dans sa main gauche un livre ouvert. C’est grâce au phylactère qu’il serre sous son bras droit que l’on peut l’identifier : l’inscription, en caractères gothiques et en latin, est tirée du livre de Daniel et annonce la venue du Christ. Il s’agit vraisemblablement du prophète Daniel. Emmené en captivité à Babylone avec le peuple juif, il résiste aux tentatives de conversion. Cela ne l’empêche pas de se forger une place à la cour royale. Gratifié par l’inspiration divine, il interprète les rêves et visions du roi Nabuchodonosor puis de ses successeurs. Il est l’un des principaux prophètes de l’Ancien testament avec Isaïe, Jérémie et Ezéchiel.
Cette vivante image du prophète Daniel dont le style n’est pas sans évoquer la sculpture bourguignonne du xve siècle est l’une des rares du fonds des sculptures sur bois de l’Inguimbertine dont la provenance est identifiée, ce fonds étant essentiellement constitué par l’achat d’une collection privée avec des œuvres de grande qualité mais dont l’absence de provenance rend l’étude difficile. Cette heure pour découvrir sera l’occasion de s’interroger sur la manière dont les œuvres sont étudiées en l’absence de sources historiques.
