Noir sur blanc explore l’officialisation du couple au Maroc, moment où tout devient écrit et engageant.
La pièce s’inspire des traditions entourant la signature de l’acte de mariage, en particulier des figures marquantes comme la Negafa, gardienne du rituel et accompagnatrice de la mariée, ainsi que des porteurs de l’amaria, autrefois membres de la famille transportant la mariée puis les époux. Ce rôle, jadis communautaire et chargé d’émotion, est aujourd’hui devenu un service commercial, révélant la transformation des rituels sous l’influence du capitalisme. L’œuvre interroge ce glissement : la perte des gestes de soin, l’atténuation de la charge symbolique et la manière dont un rituel autrefois profondément communautaire, transmis et porté par la famille, se transforme en une performance commercialisée, souvent coûteuse, formatée et répétée. Le sens symbolique diminue, tandis que l’esthétique « vendeuse »prend le dessus. Entre critique et hommage, la création revisite ces pratiques qui façonnent la fondation du couple et les négociations entre familles lors de cette période charnière.

