Le rire est-il un argument valide ? Sur l’usage du ridicule dans l’Hippias majeur.
Chez Platon, les personnages rient régulièrement : d’un usage, d’une attitude, d’une réponse, ou parfois, mais peut-être plus rarement, d’eux-mêmes. Dans quelle mesure toutefois leur rire, au-delà de la mise en scène comique, contribue-t-il à nourrir leur argumentation ? Constitue-t-il à leurs yeux un moyen de se passer de démonstration pour réfuter une position adverse ou bien peut-il s’identifier à un geste philosophique ?
Dans cette conférence, je voudrais montrer comment l’Hippias majeur permet d’apporter quelques éléments de réponse à cette alternative. Hippias est probablement le personnage qui incarne au mieux le comique ou le ridicule chez Platon : il rit volontiers de son interlocuteur, fait rire aussi (bien malgré lui), et l’Hippias majeur contient un nombre étonnamment élevé d’occurrences du rire.
Dès lors, j’examinerai pour ce dialogue ce qu’y signifie le ridicule, corrélat du rire, dans quel contexte il est invoqué comme argument et à quelle fin il est utilisé. Pour ce faire, j’accorderai une place centrale à l’interlocuteur anonyme, dont l’une des fonctions serait précisément de mettre en évidence les possibilités et les limites du rire dans le champ philosophique. Loin de prétendre proposer une théorie générale du rire chez Platon, mon ambition serait ainsi de montrer comment, dès le départ, ce dernier balise un terrain qu’il ne cessera de mobiliser dans ses dialogues.
Dans cette conférence, je voudrais montrer comment l’Hippias majeur permet d’apporter quelques éléments de réponse à cette alternative. Hippias est probablement le personnage qui incarne au mieux le comique ou le ridicule chez Platon : il rit volontiers de son interlocuteur, fait rire aussi (bien malgré lui), et l’Hippias majeur contient un nombre étonnamment élevé d’occurrences du rire.
Dès lors, j’examinerai pour ce dialogue ce qu’y signifie le ridicule, corrélat du rire, dans quel contexte il est invoqué comme argument et à quelle fin il est utilisé. Pour ce faire, j’accorderai une place centrale à l’interlocuteur anonyme, dont l’une des fonctions serait précisément de mettre en évidence les possibilités et les limites du rire dans le champ philosophique. Loin de prétendre proposer une théorie générale du rire chez Platon, mon ambition serait ainsi de montrer comment, dès le départ, ce dernier balise un terrain qu’il ne cessera de mobiliser dans ses dialogues.
