Marino Parisotto est l’une des figures les plus éminentes et visionnaires de la photographie de mode des années quatre-vingt-dix au début des années 2000.
Le dialogue avec les grandes maisons du Made in Italy constitue l’un des axes structurants de cette œuvre. Ces collaborations ont contribué à forger une image du style italien fondée sur la retenue, la sensualité et la densité symbolique, largement diffusée et assimilée au niveau mondial. Son œuvre se déploie dans un espace liminaire où l’image cesse d’être un simple vecteur de représentation pour devenir un dispositif culturel à part entière, capable de condenser et de restituer les tensions esthétiques et symboliques de son temps, au changement du siècle.
Le photographe travaillant avec l’argentique occupe une position singulière dans le champ de la création : il agit comme un agent de révélation du sacré. Le hasard devient composant. L’erreur devient caractère. Le visible devient mémoire d’un instant unique.
Intitulé La mode italienne de Marino Parisotto, cet hommage met en lumière la dimension fondamentalement dialectique de l’œuvre : une esthétique fondée sur la coexistence des contraires, où la beauté se nourrit de tension, d’ambiguïté et d’inquiétude. Les images ne maintiennent un état de suspension, un équilibre instable qui en renforce la charge poétique devenant un outil de construction culturelle autant qu’un vecteur d’émotion.
Biographie
Marino Parisotto, né au Canada de parents italiens, grandit entre la Lombardie et la Vénétie. D’abord mannequin reconnu sur les podiums internationaux, il se tourne rapidement vers la direction artistique et la photographie de mode.
Révélé par la série Bella da Strappare, son travail attire l’attention du magazine PHOTO et lance sa carrière en France.
Photographe emblématique du noir et blanc, il collabore avec de grandes maisons de mode et de luxe (Givenchy, Armani, La Perla, Wolford...) développe un univers cinématographique, sensuel et parfois transgressif, et publie de nombreux livres d’art. Parallèlement aux campagnes internationales, il devient un portraitiste recherché de stars, imposant une œuvre où se mêlent séduction, spiritualité et puissance visuelle. Il décède en 2022 à Milan.
Curation : Florence Verrier et Simona Amelotti
Remerciements : Archivio Marino Parisotto, Sofia Parisotto, Galerie Parallax, Ville d’Aix-en-Provence, Biennale d’Aix, La Manufacture.
Une programmation de la galerie Parallax en partenariat avec MetaCritikOpera

