© Mila Musée De La Lavande Luberon

Voyage sensoriel au Musée de la Lavande

On aime sa couleur, on s’enivre de sa senteur, on reste baba devant ses champs colorés… bref, la lavande ne laisse personne indifférent, éveillant notre imaginaire et nos sens. À Cabrières d’Avignon, dans le Parc naturel régional du Luberon, Jack Lincelé ne nous dira pas le contraire. Fils du fondateur du Musée de la Lavande, il nous parle de ce lieu unique où la délicate odeur de lavande se mêle au savoir-faire ancestral de sa culture.

La lavande fine, une histoire de famille et un savoir-faire unique

Quelle est l’histoire de votre famille et son lien avec la lavande ?

Nous sommes une famille de producteurs de lavande depuis quatre générations, bientôt cinq. La lavande fine est ce qu’on appelle la lavande vraie, contrairement au lavandin ou aux autres types de lavandes qui sont des plantes dites hybrides résultant d’une intervention de l’homme. La lavande fine est bien particulière, elle ne pousse que dans les montagnes à 900m d’altitude et se sème en graines au début de l’hiver, contrairement aux autres plants de lavande qui grandissent à basse altitude. C’est une culture qui nécessite un savoir-faire bien précis, que seuls une cinquantaine de lavandiculteurs maîtrise en France. Ce qui surprend les visiteurs lorsqu’ils viennent au musée, c’est l’évolution de la culture de la lavande fine du 16ème siècle jusqu’à nos jours, notamment le fait que l’on soit toujours capable de la cultiver aujourd’hui malgré le réchauffement climatique. Chaque été, nous organisons une animation de distillation au moyen d’un ancien alambic, dans la famille depuis des générations. Cela m’émeut à chaque fois de voir qu’il fonctionne encore après toutes ces années : le savoir-faire perdure et le plaisir ne fait que grandir.

La mission du Musée de la Lavande labellisé Valeurs Parc naturel régional

Qu’est ce qui a poussé Georges Lincelé, votre père, à créer ce musée ? Quelle est sa vocation ?

C’est avant tout sa passion pour la lavande fine qui a poussé mon père à créer ce musée en 1991, afin de perpétuer ce savoir-faire unique et de promouvoir la lavande fine par rapport aux autres lavandes. C’est un véritable conservatoire de la lavande fine, un des rares musées de la lavande de France qui met à l’honneur un art de vivre et une tradition ancestrale. Il y a différents types de visites qui vous emmènent sur les traces de la lavande : des visites traditionnelles pour découvrir l’histoire de la plante, des visites thématiques pour s’initier au savoir-faire des lavandiculteurs, mais aussi des visites écologiques qui ont pour but de sensibiliser à la préservation des sols, de l’eau et de la biodiversité. Nous organisons également des ateliers sensoriels qui ont pour objectif de remettre tous les sens à l’honneur tout en valorisant la puissance de l’odorat. D’autres ateliers thématiques mettent les visiteurs à l’ouvrage avec la fabrication de sachets de lavande ou de nichoirs pour les oiseaux. Les visiteurs apprécient beaucoup de pouvoir, eux aussi, participer à leur échelle.

Une plante rare aux mille et une vertus

Quels sont les petits secrets de la lavande fine que vous partagez avec vos visiteurs ?

Les champs de lavande s’étalent à perte de vue en Provence, mais la lavande fine est quant à elle très rare. Il s’agit de la fragrance la plus délicate, la plus douce et la plus raffinée à l’origine des premiers parfums de lavande. Sur 200 tonnes d’huiles essentielles produites en France chaque année, seulement 10 tonnes sont réalisées à partir de lavande fine. Saviez-vous qu’elle possède également de nombreuses propriétés thérapeutiques ? Antimicrobienne, antiseptique, apaisante, cicatrisante … c’est une plante à tout faire que l’on devrait toujours avoir dans un coin de son jardin ! Depuis 1981, la lavande fine bénéficie d’une AOP, la seule plante d’Europe à en bénéficier, ce qui vient souligner sa rareté.

Vos endroits préférés dans le Luberon

En bon aptésien, je suis un inconditionnel des trésors de notre territoire !

  • J’aime le charme authentique et serein du village de Saignon,  au-dessus d’Apt, où chaque maison s’accroche tels des coquillages au  rocher de Belle-Vue, qui apparaît comme une formidable sentinelle qui veille sur  la vallée du Calavon et le Luberon.
  • Ayant grandi à Roussillon, les falaises ocrières colorent notre vie. Chaque balade dans  les « Colorados provençaux », chaque visite aux Mines de Bruoux ou de l’Ecomusée de l’Ocre, révèle de belles émotions, et j’aime les partager avec ma famille et mes amis.
  • Je ne me lasserai jamais de la vue du village perché de Gordes qui resplendit lorsque les rayons du soleil l’éclairent en fin de journée, c’est féérique. J’ai la chance de faire la route chaque jour entre le Musée à Coustellet et le Château du Bois en passant par Gordes, et hiver comme été, je suis toujours fasciné.
  • En bon épicurien, c’est toujours un plaisir de monter à Ménerbes et de déguster dans les jardins de la Maison de la Truffe et du Vin, les bons petits plats à la truffe de Pierre Mastre, une pause hors du temps au plus près des flancs du Luberon.