Crévoux : vivez une expérience en chien de traîneau

Nous avons répondu à l’appel de la forêt et testé une sortie en chien de traîneau à Crévoux, station que nous apprécions déjà pour son ambiance village, sa convivialité et son authenticité.

Une arrivée sous la neige

Premières émotions et changement de programme

Le rendez-vous est fixé à 9h sur site. Nous arrivons un peu en retard, après une marche d’approche de 10min dans de la neige fraîche (épuisant !). De loin, nous apercevons les chiens, tous attachés sauf un. C’est Peuf, une petite husky, trop jeune pour faire partie de l’attelage. Elle court vers nous pour nous accueillir et arrivée à nos pieds, nous réclame un câlin. Même un « gros dur » aurait craqué. Nous saluons ensuite Morgan, un musher passionné originaire de Blois qui nous met tout de suite à l’aise. Il nous explique que la neige, qui tombe en continu depuis la veille, a un peu modifié le programme : la sortie sera plus courte que prévue et nous ne monterons pas sur les hauteurs de la station. Pas de problème, on est déjà content d’être là.

« On présente le harnais chaque matin au chien, s’il a envie il passe la tête, s’il ne veut pas, il tourne la tête. »

La meute

En rang et les femmes aux commandes

Nous saluons d’abord chaque chien un par un, en mode gros câlin. Ils sont 13 ! Morgan nous explique ensuite comment fonctionne la meute. Leko est le chef des mâles, Maya la cheffe des femelles. Comme la meute est une organisation matriarcale, Maya régente aussi les mâles. Ici, on ne plaisante pas avec la hiérarchie ! Nousky, le marseillais fraîchement arrivé, s’est rapidement fait remettre en place par les mâles car il tournait autour de Maya. Maya a aussi un chef : c’est Morgan, le musher. Il nous explique que l’Homme est intouchable aux yeux des chiens. Ils peuvent se gnaquer jusqu’au sang pour des questions de hiérarchie, mais jamais ils ne toucheront un homme. Morgan nous détaille toutes les races et les croisements. Et je confesse ici n’avoir pas retenu ces informations.

« Les chiens c’est comme des athlètes de haut niveau avec un âge mental d’un enfant de 6 ans »

En route !

Premières sensations

Après cette bouffée de tendresse, nous voilà partis. Assis dans le traîneau, nous nous élançons sur la piste après le “OK CHIEN” de Morgan. Et c’est parti pour la balade. Tout en douceur, le traîneau glisse sur la neige. Autour de nous, aucun bruit, plus qu’un silence apaisant. Enfin presque… Rapidement, le souffle rapide de Morgan, que les chiens, la neige fraîche et surtout nous, assis dans le traîneau, mettons à rude épreuve, se fait entendre. Un peu plus tôt, il nous expliquait que cette belle neige fraîche rendait la sortie plus physique pour le musher. Nous nous arrêtons près d’un espace plat. C’est le début de la pratique.

« Pour eux c’est un jeu mais parfois le chien de tête lance un regard en arrière au musher qui dit “t’endors pas, j’ai besoin de toi”

Après la théorie, la pratique

Et en théorie ça devrait bien se passer…

Morgan nous abreuve de quelques conseils et c’est parti pour les premiers essais. Mon compagnon est le premier à prendre les rênes. Virage à droite, poids d’abord sur la jambe gauche, puis la jambe droite. Un tour, deux tours… Et c’est mon tour ! J’ai le trac, mais c’est du bon trac. C’est parti ! Comme sur un tire-fesse, le départ est vif, puis l’allure s’adoucit. Au premier virage à droite, je mets mon poids sur ma jambe gauche… et découvre que les chiens, ces coquins, coupent les virages. A la sortie de ce premier virage, me voilà donc dans les branchages. Mais je passe ! Ligne droite avant le deuxième virage qui, lui, donne sur un petit fossé. Maintenant, je le sais : les chiens coupent les virages. Je bascule donc tout mon poids sur ma jambe gauche pour tenir jusqu’à la sortie du deuxième virage. Mais rien à faire ! Je lâche pour ne pas tomber, et le traîneau avec, dans le petit fossé. Le deuxième essai n’aura pas plus de succès…

Un peu de cardio

Et on rentre

Après l’entraînement, c’est l’heure de rentrer. Le parcours se poursuit par une bonne côte. Morgan nous propose de prendre les commandes du traîneau avec lui. Nous partons, moi à gauche, mon compagnon au milieu et Morgan à droite. Les chiens tirent. Rapidement, Morgan sprinte à l’avant du traîneau pour l’écarter de l’intérieur du virage, tandis que mon compagnon et moi peinons comme jamais derrière le traîneau pour suivre l’attelage. Sauf que l’attelage, c’est comme Sega, c’est plus fort que toi (les plus de 30 ans comprendront) : j’ai lâché. Arrivée au sommet de la côte, il me faut quelques minutes pour retrouver un battement de cœur raisonnable. Je prétexte quelques questions techniques à Morgan pour récupérer. C’est l’heure de rentrer au camp de base.

Fin de l’expérience

Une aventure inoubliable

C’est la fin de l’aventure. A notre arrivée, Morgan s’était excusé de devoir écourter notre sortie. Nous, au contraire, avons l’impression d’avoir vécu une expérience VIP. Ces bouffées de tendresse avec les chiens, écouter Morgan nous raconter « la vie de musher » avec passion, la balade assis puis aux commandes du traîneau et la session “cardio”… Nous avons finalement tout eu et avons vécu un moment inoubliable. Je finirai sur ceci : quand j’ai demandé à Morgan “Est ce que tu arrives encore à en profiter et à faire des sorties pour toi ?” Il m’a répondu : “Oui, parfois je me lève même à minuit pour faire une balade seul avec mes chiens”.