notre dame de la garde

Le Moulin de Daudet à Fontvieille

En 1869, Alphonse Daudet publiait son recueil de nouvelles intitulé « Lettres de mon moulin ». Ses histoires sont inspirées par le Moulin Ribet, aussi appelé Moulin Saint-Pierre, situé à Fontvieille et par les rencontres qu’il fait à l’époque.

Alphonse Daudet, amoureux de la Provence

Alphonse Daudet était un jeune journaliste nîmois vivant dans la capitale de la culture et des arts : Paris. Après sa rencontre avec Frédéric Mistral venu présenter sa célèbre œuvre « Mireïo », il décide de retourner dans le sud de la France. L’écrivain à l’accent chantant lui a rappelé cette ambiance si particulière qu’on ne trouve que dans le sud. Il se rend d’abord chez Mistral et rencontre son cercle d’amis, composé d’auteurs et de poètes. L’invitation de son cousin Louis Daudet et de son épouse Octavie en 1860 oblige Alphonse à quitter les lieux pour se rendre au château de Montauban à Fontvieille. C’est dans cette demeure qu’il fait la rencontre d’un grand nombre de personnes qui, grâce à leurs histoires et leurs anecdotes, l’inspireront : Mitifiot, le garde champêtre, Audiberte, la domestique ou Quenin, surnommé « Lou Roudeirou ». Ces différents individus deviendront les personnages des contes qu’il écrira.

Pendant 30 ans, Alphonse Daudet revient régulièrement à Fontvieille. Il fait du château de Montauban son lieu de villégiature favori, où il peut profiter du calme et de la tranquillité. Ici, il peut « se reprendre à la nature et se guérir de Paris et de ses fièvres ». Contrairement à ce que l’on peut parfois lire ou entendre dans la région, l’écrivain ne résida à aucun moment au Moulin Saint-Pierre.

On raconte que sa dernière visite eut lieu en 1891, quand il se rendit à l’hôpital d’Arles rendre visite à son meilleur ami Timoléon, malgré la maladie qui le rongeait. Il prit ensuite une diligence pour se rendre à Fontvieille et admirer une dernière fois les paysages de la Provence du haut d’un des moulins. Le soir même, il était de retour à Arles afin de prendre un train qui le ramena à Paris. Que ça soit une histoire vraie ou une légende, elle témoigne de l’amour que portait l’écrivain nîmois portait à la Provence.

« Un joli bois de pins tout étincelant de lumière dégringole devant moi jusqu’au bas de la côte. À l’horizon, les Alpilles découpent leurs crêtes fines… Pas de bruit. À peine, de loin en loin, un son de fifre, un courlis dans les lavandes, un grelot de mules sur la route… Tout ce beau paysage provençal ne vit que pour la lumière. » Alphonse Daudet, Lettres de mon moulin.

Un moulin aux airs de muse

En 1814, le Moulin Saint-Pierre est construit afin de broyer le blé. Ce moulin à vent tient son rôle pendant un siècle, jusqu’au début de la Grande Guerre. Le blé et les hommes sont alors réquisitionnés par l’armée. Cela signe l’arrêt du dernier moulin encore actif de Fontvieille.

Pour décrire le bâtiment, Daudet écrit : « Une ruine ce moulin ; un débris croulant de pierres et de vieilles planches, qu’on n’avait pas mis au vent depuis des années et qui gisait, inutile comme un poète, alors que tout autour sur la côte la meunerie prospérait et virait à toutes ailes. ».

En 1931, le Moulin Daudet est classé Monument historique en souvenir d’Alphonse Daudet qui s’en était inspiré pour rédiger ses nouvelles.

Le moulin est remis en état en 1935 grâce à l’association « Amis d’Alphonse Daudet » qui souhaite créer un musée dédié aux œuvres et aux souvenirs de l’auteur et de ses Lettres de mon moulin.

Dans les années 2000, le bail de la mairie arrive à son terme et le propriétaire décide de fermer l’accès au moulin afin de le rénover. En 2016, les travaux sont achevés et le moulin à vent rouvre ses portes aux visiteurs.

Un site naturel remarquable

Le moulin de Daudet est situé dans un cadre exceptionnel. Accroché au flanc d’une colline parsemée de garrigue, il est visible de loin. Ses ailes se tiennent encore fièrement, dominant les chênes et la végétation méditerranéenne.

En partant du château de Montauban qui accueille également un musée dédié à Alphonse Daudet, on peut suivre les traces de l’écrivain et découvrir le sentier des moulins. Lors de cette promenade d’environ une heure, on peut en admirer 4. Ces moulins sont les gardiens d’une partie de l’histoire des Alpilles et rappellent des métiers d’antan. Le parcours est ponctué de bornes d’interprétations afin d’informer les visiteurs.

Préparer votre visite

Le moulin de Daudet se visite tous les jours d’avril à novembre. Les horaires d’ouverture varient en fonction des mois.