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Le Trophée d’Auguste à La Turbie

Le Trophée d’Auguste est un monument historique qui fut édifié en l’an VI avant Jésus-Christ en l’honneur d’Octave, futur empereur Auguste, qui avait conquis les Alpes. Il fut construit à La Turbie, dans la continuité d’un sanctuaire dédié à Héraclès Monoïkos (qui donna son nom à Monaco), à la frontière entre la Gaule et l’Italie afin de marquer la puissance de Rome et l’unité de l’empire. Le Trophée d’Auguste est un monument exceptionnel, c’est l’un des rares de ce type que l’on peut encore observer aujourd’hui.

Implanté sur la voie Julia Augusta, l’endroit où le Trophée a été édifié fut soigneusement choisi. Depuis ce site sur les hauteurs, le panorama est magnifique. Il embrasse la Riviera française et s’étend de l’Estérel à la côte italienne.

Un Trophée à la victoire

Avec la soumission de 44 peuples rebelles des Alpes devant les soldats envoyés par Octave, neveux de César, les Alpes sont pacifiées et l’Empire romain unifié. Pour célébrer cette victoire, le peuple et le Sénat font ériger Le Trophée d’Auguste, en l’honneur de l’empereur. L’édification d’un trophée est un rite militaire antique très important. À la fin de l’Antiquité, le monument est abandonné et pillé.

Au Moyen Âge, le Trophée d’Auguste est transformé en forteresse. Il tiendra ce rôle pendant plusieurs siècles, jusqu’à son démantèlement, ordonné par Louis XIV en mai 1705 lors de la guerre de Succession d’Espagne. Il devient alors une carrière à ciel ouvert. Des blocs et des fragments ont notamment été utilisés lors de la construction de l’église Saint-Michel, située non loin.

Au milieu du XIXème siècle, les souverains de la Maison de Savoie sauvent le monument de la ruine en le consolidant. Quelques années plus tard, en 1865, le Trophée de la victoire est classé Monument historique.

Au XXème siècle, des fouilles sont menées sur le site et une anastylose est entreprise. Les éléments démembrés qui ont été retrouvés ont été remontés sur la structure. Dans l’entre-deux-guerres, une reconstruction partielle est effectuée, afin de redonner au Trophée d’Auguste sa nature originelle.

Les Romains : d’excellents bâtisseurs

Les techniques de construction utilisées par les Romains étaient remarquables. Le Trophée d’Auguste est un excellent témoignage de ces différentes méthodes. Au sud-est, l’édifice est composé d’agrégats (cailloux, déchets de taille, fragments de roches, etc.) liés entre eux par un mortier réalisé à base de chaux éteinte. Cette technique est appelée Opus Caementicium. Elle était économique et permettait de réaliser de grandes structures ayant une longue durée de vie. Cet élément du Trophée est d’ailleurs partiellement resté en place malgré le démantèlement ordonné par le Roi Soleil.

Pour édifier ce monument, l’Opus Caementicium a été coulé entre des parois réalisées avec la méthode de l’opus quadratum. Cette technique consiste à disposer en assise régulière des blocs parallélépipédiques à joints vifs mesurant, dans le cas présent, 70 x 40 x 40 centimètres.

Au sud-ouest, l’anastylose a permis de redonner une image hypothétique de ce que devait être le Trophée d’Auguste avant qu’il ne soit ruiné. Jean Formigé, l’architecte en chef des Monuments historiques a pu remonter deux colonnes et un morceau d’entablement lors de cette opération.

La face ouest a été presque entièrement reconstruite par le fils de Jean Formigé entre 1929 et 1934. Un vrai travail d’étude des vestiges a été entrepris afin que les matériaux utilisés soient identiques à ceux de l’époque : calcaire de La Turbie pour les gros blocs et les colonnes et marbre de Carrare pour les sculptures.

Derrière cette façade reconstruite se tient toujours la tour médiévale avec ses arcatures décoratives, édifiée au Moyen Âge lorsque le Trophée fut transformé en forteresse.

D’un empereur à un dieu ?

À l’époque, les Trophées étaient dédiés aux divinités qui avaient assuré la victoire. La singularité du Trophée de La Turbie est qu’il était consacré à l’empereur Auguste. L’inscription gravée dans la pierre de ce monument est toujours visible et signifie :

« À l’empereur César Auguste, fils du divin,

Grand Pontife, acclamé imperator pour la 14ème fois et revêtu de la 17ème puissance tribunitienne.

(NDLR : signé) Le Sénat et le peuple romain

Parce que, sous sa conduite et ses auspices, toutes les peuplades alpines

Qui se trouvaient entre la mer supérieure et la mer inférieure

Ont été soumises au pouvoir du peuple romain.

Suit la liste des peuples vaincus. »

Avec ce monument, aux dimensions exceptionnelles et colossales, l’empereur Auguste est honoré tel un dieu. Le Trophée étant situé sur une partie de l’espace du sanctuaire dédié à Hercule, il associe Auguste à cette divinité. Il devient fils de Dieu, voué à la divination. La glorification des actes de l’empereur avait pour but d’accentuer cette filiation divine.

Préparer votre visite

Le site du Trophée d’Auguste est ouvert toute l’année du mardi au dimanche inclus (fermeture tous les lundis). Le monument est fermé les 1er janvier, 1er mai, 1er et 11 novembre, 25 décembre.

Les horaires changent en fonction des saisons :

  • Du 2 janvier au 18 mai : de 10h00 à 13h30 et de 14h30 à 17h00
  • Du 19 mai au 20 septembre : de 9h30 à 13h00 et de 14h00 à 18h30
  • Du 21 septembre au 31 décembre : de 10h00 à 13h30 et de 14h30 à 17h00

Un document de visite est disponible à l’accueil en français, anglais, allemand, italien, espagnol et russe.

Des visites commentées en français sont incluses dans le droit d’entrée. Elles présentent le musée, le monument avec son inscription romaine et la terrasse panoramique pendant 50 minutes environ. En basse saison, elles commencent à 11h et 15h. En haute saison, elles démarrent à 11h et 15h30. Les groupes doivent réserver 15 jours avant leur visite.

Le monument n’est pas accessible aux personnes à mobilité réduite.

Site : http://www.site-glanum.fr/