Fondation Vasarely

Vasarely : l’Op Art, passionnément

À Aix-en-Provence, la Fondation Vasarely plonge le visiteur dans l’univers graphique et coloré du plasticien Victor Vasarely, fondateur de l’Op Art et infatigable passionné des formes géométriques et des jeux optiques et cinétiques.

Vasarely

L’homme aux mille et une vies

Son nom reste à jamais associé à ses compositions géométriques colorées et ses œuvres axées sur l’illusion d’optique. Plasticien et père de l’Op Art (ou art optique), Victor Vasarely (1906-1997) a eu plusieurs vies. Né en Hongrie, ce touche-à-tout se forme au Muhëly, l’école du Bauhaus de Budapest, qui prône une approche pluridisciplinaire de l’art. À son arrivée en France, il devient graphiste pour de grandes agences de pub. Conçue à la fin des années 30, « Zebra » est aujourd’hui considérée comme l’œuvre fondatrice de l’Op Art. Dans les années qui suivent, Vasarely continue de façonner son identité artistique, axée sur les lignes et la couleur, et diversifie ses projets : ouverture d’une fondation à Gordes, conception de logos et de façades, et même de la pochette de l’album « Space Oddity » de David Bowie…

La Fondation Vasarely

Ou la « Cité polychrome du bonheur »

Mais l’œuvre de sa vie, c’est la Fondation Vasarely, sa « Cité polychrome du bonheur ». Synthèse entre architecture et arts plastiques, conçue en aluminium et en verre, elle reflète l’univers de l’artiste : la géométrie en est le fil rouge. « L’emplacement de ce centre m’a préoccupé plus de vingt ans », dira Vasarely. C’est finalement à Aix-en-Provence, ville de Cézanne – à qui il voue une profonde admiration, que le projet voit le jour. Des entreprises sont sélectionnées pour réaliser, à partir des plans de Vasarely, des œuvres d’envergure – jusqu’à huit mètres de haut et six mètres de large. La Fondation est inaugurée en 1976.

Faire bouger les lignes

Jeux optiques et cinétiques

Ici, les jeux d’optique se multiplient, plongent le visiteur dans un univers où les formes se conjuguent et dialoguent à l’infini. À l’extérieur, déjà, un miroir d’eau reflète le vaste bâtiment ultra-contemporain. Quand on pousse ses portes, la Fondation dévoile sept alvéoles de 11 mètres de haut. Elles abritent pas moins de 42 intégrations architectoniques. La répartition des œuvres est pensée de façon à faire cheminer le visiteur à travers couleurs, matériaux, jeux optiques et cinétiques. Enfin, l’exposition permanente « Vasarely plasticien » restitue l’histoire de l’œuvre du maître, de ses débuts de graphiste à ce projet utopique de « Cité polychrome du bonheur »

Manipur, Tlinko, Majus…

Donner vie à la forme, unir les formes d’art

Au fil de la visite, on découvre aussi comment Vasarely, fasciné par les formes, s’est employé avec talent à leur donner vie. La série « Manipur » réunit ainsi plusieurs œuvres conçues à partir de lignes parallèles. Elle est le fruit d’un souvenir d’enfance : les câbles qui surplombaient les lignes de chemin de fer hongroises. Avec « Tlinko », l’idée du père de l’Op Art était de créer du mouvement au sein d’un carré statique, en y insérant des losanges et des carrés pivotants pour créer un effet de spirale. Autre œuvre majeure : « Majus », réalisée à partir d’un alphabet de formes et de couleurs imaginé par Vasarely à partir d’une composition de Jean-Sébastien Bach. Son sens caché demeure inconnu. Qu’importe. Avec « Majus », le père de l’Op Art avait touché du doigt son idéal : unir toutes les formes d’art…