Description
Pour cette 5e édition, la Biennale explore le thème de la résistance à travers le prisme des cultures numériques, ouvrant un espace de réflexion pluriel, à la croisée de l’activisme, des tactiques de subversion et des gestes artistiques de désobéissance.
Résister, c’est s’opposer, détourner, hacker, déranger. C’est aussi subvertir, transformer l’impact, traverser la faille, construire dans la fissure, créer. Mais certaines formes de lutte ne crient pas, elles dansent, elles rient, elles chantent. Ces approches ne nient pas le réel, elles ne l’édulcorent pas — elles choisissent de le traverser autrement. Elle crée des espaces de puissance collective, des fictions désirables, des rituels de résistance fondés sur la relation plutôt que sur la confrontation.
Les deux dimensions ne s’opposent pas : elles coexistent dans les pratiques artistiques contemporaines comme autant de réponses sensibles et politiques.
Plusieurs axes de développement :
L’hacktivisme comme pratique artistique
Des artistes utilisent le hacking comme outil critique et créatif pour révéler les mécanismes invisibles de surveillance, de contrôle et de pouvoir inscrits dans les technologies numériques.
Esthétiques du détournement et poétiques de la dissonance
Le détournement des interfaces, des algorithmes et des usages technologiques devient un moyen de perturber les discours dominants et de produire de nouvelles formes poétiques et critiques.
Résistances intimes : vulnérabilité, corps et subjectivités
Cette thématique explore la manière dont les pratiques numériques peuvent porter des récits sensibles liés au corps, à la mémoire, au soin et aux identités fragilisées ou marginalisées.
Esthétiques de la résilience : soin, mémoire, réparation
Au-delà de la contestation, certain·es artistes choisissent des gestes réparateurs. Ils travaillent la mémoire blessée, la saturation émotionnelle. La résilience devient ici une poétique du soin – pour les corps, les territoires, les récits, les infrastructures numériques elles-mêmes.
Contre cartographies et désorientation techno politique
En détournant les outils de la surveillance, les artistes peuvent aussi produire des cartographies alternatives, des récits minoritaires ou invisibilisés, qui interrogent les logiques de contrôle et d’exploitation. Ce sont ces formes de désorientation volontaire – dans l’espace, dans le langage, dans la donnée – que la Biennale souhaite mettre en lumière.
Esthétique de l’ombre et stratégies de disparition
Face à l’injonction permanente à la visibilité, cette approche valorise l’anonymat, le camouflage et l’opacité comme formes de résistance artistique et politique.
Fictions technologiques et imaginaires alternatifs
Résister, c’est aussi imaginer. Imaginer d’autres futurs technologiques, d’autres ontologies numériques, d’autres formes de relation entre humain, machine et vivant. Les œuvres spéculatives proposent des mondes de rechange, entre utopie bricolée et dystopie critique, entre fabulation politique et création symbolique.

