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Citadelle de Sisteron

Dominant le cours de la Durance, la Citadelle de Sisteron séduit par son architecture aérienne. De l’Antiquité à la Renaissance, elle a longtemps été une place forte privilégiée pour contrôler le trafic fluvial et routier. Le monument séduit avec ses vieilles pierres, ses murailles, ses salles et ses cours, ses tours et ses échauguettes, tout en offrant une vue imprenable sur la vallée et les sommets des Alpes.

Un emplacement stratégique

Le rocher surplombant la cluse de la Durance a toujours été un lieu stratégique. Déjà, à l’antiquité, les voconces, une tribu gauloise, y construisent un oppidum. Celui-ci est détruit par l’invasion des armées conquérantes d’Auguste de 27 avant notre ère. À leur tour, les Romains y bâtissent un castrum dont il ne reste aujourd’hui que les vestiges d’un mausolée et d’une cité.

Cet emplacement stratégique qu’occupe Sisteron a longtemps été un point de passage important entre les Alpes et la Méditerranée. De cette place forte, on bénéficie d’une vue sur 150 kilomètres, permettant de surveiller les environs et de voir arriver l’ennemi.

Du Moyen-âge aux fortifications Vauban

Pendant le haut Moyen-Âge, un castel, assemblage de tours précaires et de palissades, est construit au sommet de l’éperon rocheux.

Après la mort de Charlemagne en janvier 814, la cité ne cessa de passer de main en main. D’abord mise sous la protection des vicomtes locaux puis des comtes de Forcalquier, elle fut ensuite cédée aux comtes de Provence avant d’être rattachée au royaume de France lors du règne de Louis XI.

Sisteron est un verrou stratégique sur la route ouvrant le passage entre le Dauphiné et la Provence à partir de 1209. Le chemin de ronde supérieur et le donjon de la citadelle auraient été édifiés à cette époque, tout comme la guérite du diable. Cette figure de proue en équilibre au-dessus de la Durance, bâtie pour servir d’abri, aux sentinelles fait l’objet d’une légende. Sa construction n’aurait pu se faire qu’avec l’aide du diable (d’où son nom) en échange de l’âme du maçon. Au XIIIème siècle, la chapelle Notre-Dame du château est construite dans un style gothique sur une terrasse soutenue par d’imposantes arcades. La différence de couleurs entre le grès doré et le calcaire gris utilisés met en valeur ce chef-d’œuvre de l’architecture.

En 1520, lorsque les guerres de religion éclatent en France et la citadelle devient un enjeu majeur. Les protestants s’y réfugient et les catholiques l’assiègent à deux reprises. Le roi Henri IV décide de consolider les fortifications de Sisteron. En 1590, l’ingénieur militaire Jehan Erard, mandaté par le roi, bâtit des enceintes successives sur les faces nord et sud et construit des bastions reliés aux remparts de la ville. Il crée ainsi un système de défense en dent de scie.

En 1639, futur roi de Pologne, le prince Jean Casimir Vasa, qui avait fomenté un complot avec l’aide de l’Espagne contre la France, est enfermé dans le cachot du Donjon de la citadelle par le cardinal Richelieu.

En 1692, Vauban reprend l’ouvrage de Jehan Erard à la demande de Louis XIV, après l’invasion de la vallée menée par le Duc de Savoie, Victor Amédée II. Lors des travaux, l’architecte se rend compte que les sommets des collines qui bordent Sisteron rendent la citadelle vulnérable aux tirs plongeants. Il décide alors de construire un magasin de poudre à l’abri de tirs potentiels et un puits. Il faudra ensuite attendre 150 ans pour que ces autres suggestions soient suivies, les courtines sont enfin rehaussées, les portes sont renforcées et un escalier souterrain est creusé afin de relier la citadelle à la ville.

À partir de 1894, avec le développement des armes à longue portée, la citadelle ne peut plus faire office de fortification efficace et fait l’objet d’un déclassement militaire. Lors de la Première Guerre mondiale, elle est cependant utilisée comme centre de détention pour les prisonniers allemands. La citadelle et la chapelle de Sisteron sont classées aux Monuments historiques en 1925.

En 1942, les Allemands investissent le château et le transforment en centre de détention afin d’y enfermer les prisonniers politiques. Ceux-ci sont libérés grâce au groupe de résistants du maquis de Bayons. En 1944, les alliés viennent détruire les ponts construits dans la vallée. Lors de ces bombardements, la citadelle est touchée massivement.

En 1956, un important plan de restauration menée par une association permet à la chapelle de se tenir, à nouveau, fièrement sur les hauteurs de Sisteron. Elle devient un site culturel vivant, accueillant un musée et de nombreuses manifestations.

La forteresse qui surplombe aujourd’hui le village de Sisteron est en réalité un ensemble de constructions réalisées à différentes époques, parfois restaurées ou modernisées.

Une visite riche en émotion

La visite de la citadelle de Sisteron et la découverte de ses 800 ans d’architecture et d’Histoire ne laissent personne indifférent. Depuis l’éperon rocheux sur lequel elle a pris place, le visiteur bénéficie d’un des plus beaux panoramas de Haute Provence.

Chaque année, le festival « les Nuits de la Citadelle » est organisé à Sisteron. Dans le théâtre de verdure de la citadelle acteurs, danseurs et musiciens se succèdent lors de spectacles. Ces artistes de renommée internationale redonnent vie à cette ancienne cité fortifiée.

Préparer votre visite

La citadelle de Sisteron se visite de mars à novembre, les dates d’ouvertures et de fermetures sont mises à jour chaque année. Les horaires varient en fonction des saisons et sont disponibles sur le site officiel.

Le film « Citadelle ! navire des Hommes… » permet de découvrir en 25 minutes quelques secrets des lieux.

Un parcours ponctué d’énigmes a été mis en place afin que les enfants puissent découvrir la citadelle de Sisteron et son histoire de façon ludique.

Adresse : Montée de la Citadelle, 04200 Sisteron

Site Internet : http://www.citadelledesisteron.fr/

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