Description
À partir d’œuvres issues des collections nationales de design, l’exposition propose une immersion dans une histoire où le textile devient matrice d’espaces et d’objets, reliant artisanat et technologie, gestes ancestraux et utopies contemporaines.
L’exposition s’ouvrira avec des figures pionnières du textile dans les avant-gardes, telles que Sonia Delaunay ou Élise Djo-Bourgeois, qui renouvellent le recours au textile dans un dialogue avec le mobilier et l’architecture. Dans les années 1960, l’apparition des fibres synthétiques et le développement industriel débouchent sur des tissus extensibles, souples
et résistants, capables d’épouser les formes du corps et d’offrir une liberté nouvelle, ainsi avec Pierre Paulin ou Olivier Mourgue. Les jerseys et autres textiles souples deviennent des outils d’innovation, des vecteurs d’évolution technique et esthétique. Dans la seconde moitié du siècle, des créatrices comme Sheila Hicks ou Simone Prouvé s’imposent par leur approche innovante, explorant le lien entre art, architecture et textile.
Dans une démarche expérimentale, d’autres designers, comme Gaetano Pesce ou ensuite, Marcel Wanders, dans le contexte radical de Droog Design, durant les années 1990, détournent la matière textile, questionnant la frontière entre forme, structure et processus. Cette exploration se poursuit avec la maille métallique, utilisée par Dominique Perrault et Gaëlle Lauriot-Prévost, Vincent Poujardieu ou le duo Muller Van Severen. Ici, la maille devient un langage architectural et sculptural.
L’exposition questionnera le rapport entre l’objet de design et le textile qui s’étend à de nouveaux territoires. Hella Jongerius développe ainsi une approche expérimentale du tissage, où se conjuguent savoir-faire manuel et conception et fabrication numérique. D’autres créatrices explorent des textiles réactifs et interactifs, intégrant la technologie. Dans les années 2000, Ronan et Erwan Bouroullec innovent avec des textiles aux vertus acoustiques qui sont en même
temps des partitions souples de l’espace. Aujourd’hui, l’on explore les potentialités des fibres naturelles, recyclées ou régénérées, dans une réflexion sur la durabilité, la circularité et le rapport entre technique et écologie.
Exposition coorganisée en partenariat avec le Centre Pompidou, les Manufactures nationales Sèvres & Mobilier national, le Centre national des arts plastiques et le musée des Arts décoratifs.
Commissariat :
> Marie-Ange Brayer, conservatrice en cheffe, service design et prospective industrielle, Musée national d'art moderne, Centre Pompidou.
> Lucile Montagne, conservatrice en cheffe du patrimoine, cheffe du service de l'inspection, Mobilier national.
Assistées par Anna Izard et Thomas Hochet
Scénographie :
Emmylou Doutres et Clément Rosenberg, lauréats de la Bourse Agora du Design 2025.
Visites commentées : mercredi et samedi à 15h (sans réservation).

