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La Chartreuse de la Verne à Collobrières

Au cœur du massif des Maures se tient la chartreuse de la Verne, un ancien prieuré classé aux Monuments historiques depuis 1921. Détruit et reconstruit à de nombreuses reprises, il est actuellement occupé par une communauté de religieux qui ont décidé d’ouvrir les portes de leur monastère pour que le public puisse découvrir leur lieu de vie.

Un monastère fondé par les Chartreux

Vers 1170, les évêques de Toulon et Fréjus se mettent d’accord pour fonder un monastère à Collobrières, à l’endroit où se tenait l’ancien prieuré Notre-Dame de la Verne, laissé à l’abandon. Mis sous la protection de la vierge Notre-Dame de Clémence, c’est l’ordre des Chartreux de Montrieux qui est choisi pour investir les lieux.

En 1174, une première église romane est consacrée. Détruite par un incendie, elle sera reconstruite. Grâce aux donations perçues, l’abbaye de chartreux s’étend rapidement et investit plus de 3 000 hectares de forêts, pâturages, terres cultivables et salines.

En 1215, 1271 et 1318, le monastère est ravagé par les flammes. Seule l’église romane est sauve. Les moines ne perdent pas espoir et l’édifice renaît chaque fois de ses cendres. À plusieurs reprises, le couvent est pris d’assauts par les pillards, parfois par les seigneurs alentours, comme en 1416 quand les seigneurs de Bormes viennent le dépouiller, ou des sarrasins. Les lieux sont également mis à sac pendant les guerres de religion qui ravagent le royaume de France.

La date exacte de l’effondrement de la voûte de l’église romane reste floue et deux hypothèses sont envisagées. Certains prétendent que c’est la dernière invasion, ayant eu lieu en 1577 lors des conflits entre les catholiques et les protestants qui engendra l’écroulement de la voûte, d’autres affirment que la chute eu lieu à la suite des attaques menées par les troupes du Duc de Savoie face à l’armée du Roi Soleil de 1707 à 1715, pendant le siège de Toulon.

De 1736 à 1789, les moines chartreux s’évertuèrent à reconstruire le monastère. Les dates inscrites sur la porte donnant sur les logements, sur le fronton de la voûte menant à l’église et au cloître et sur le piédroit donnant accès aux jardins en témoignent.

Le monastère subsistera jusqu’à la Révolution. En 1789, l’Assemblée constituante saisit tous les biens de La Verne. En 1792, les 16 membres de la communauté chartreuse sont contraints de partir pour l’Italie ou de rejoindre l’évêché de Nice en empruntant une barque de pêche. Les bâtiments et les terrains sont vendus comme biens nationaux. La chartreuse de la Verne, abandonnée, est peu à peu investie par une végétation qui endommagera les bâtiments.

En 1921, un décret déclare que le monastère est classé Monument historique à titre de « vestiges dans la forêt ». Seuls les bâtiments utilisés pour l’exploitation agricole et la cour d’honneur ne peuvent bénéficier du classement. La chartreuse de la Verne est sauvée d’une disparition inéluctable grâce au concours de deux amies, Annette Englebert et Annick Lemoine, qui créent l’association « Les amis de la Verne ». Une équipe de bénévoles se forme et entame la restauration du monument avec des moyens limités entre 1969 et 1982, cette année-là la cloche d’appel a été classée au titre des objets mobiliers. Les travaux réalisés permettent de sortir progressivement la chartreuse de l’oubli et de retrouver sa fonction originelle. À partir de 1986, le monastère accueille en son sein une communauté de moines de Bethléem, de l’Assomption de la Vierge et des chartreux. Grâce à l’action conjointe de plusieurs organisations, la chartreuse de la Verne est rénovée peu à peu dans son ensemble.

Le petit cloître, qui ne fut jamais terminé, arbore tout de même des arcades inspirées de l’architecture de la Renaissance. Il relie le réfectoire, dans lequel les moines ne mangeaient que les dimanches et les jours de fête, à la chapelle Saint Bruno qui accueillait les laïcs qui souhaitaient suivre l’office religieux.

Le grand cloître possède, quant à lui, une galerie entièrement couverte qui mène aux cellules des moines et à l’église romane qui présente, tout comme la salle capitulaire, des voûtes en arêtes. Dans la cour intérieure, bordée par les arcades du cloître, se tiennent les sépultures des moines, marquées par des croix en bois.

Actuellement, la cloche d’origine du monastère des Chartreux, datant du XIIème siècle, est exposée dans le grand vestibule d’entrée de la mairie de Collobrières.

Un site naturel exceptionnel

La chartreuse de la Verne est logée au cœur de l’écrin de verdure à 425 mètres d’altitude. De nombreux sentiers pédestres ont été aménagés dans le massif des Maures qui peut également se découvrir à vélo. Deux parcours permettent de découvrir la forêt de châtaigniers de Collobrières et de se rendre à pied à la chartreuse. Au milieu des arbres, les randonneurs peuvent apercevoir le monastère et ses remparts, qui protégeaient autrefois les bâtiments et leurs habitants, dans son ensemble. Le chemin débouche sur la tour sud-ouest, par lesquels les curieux peuvent passer pour admirer les lieux.

Préparer votre visite

La chartreuse de la Verne se visite toute l’année, cependant elle est fermée exceptionnellement les jours fériés. Les horaires d’ouverture changent en fonction des mois.

Attention, du 21 juin au 20 septembre la route départementale qui mène au monastère est soumise aux règles d’accès aux massifs forestiers du Var afin de prévenir les risques d’incendie. Avant toutes visites, renseignez-vous sur les conditions d’accès du jour auprès de l’office du tourisme de Collobrières ou sur le site de la préfecture du Var.

Adresse : Corniche des Maures, 83610 Collobrières

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