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Elles ont fait rayonner

la Provence, les Alpes et la Côte d’Azur

Visionnaires, talentueuses, ces femmes ont marqué l’histoire par leur talent et leur engagement. Elles ont en commun leur attachement à Provence-Alpes-Côte d’Azur. A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, on vous propose un petit retour sur leurs parcours.

Alexandra David-Néel

De l’Himalaya à Digne-les-Bains

Infatigable exploratrice, Alexandra David-Néel est la première femme occidentale à être entrée à Lhassa, la cité interdite capitale du Tibet. C’était en 1924. A l’époque, cet exploit fait sensation et la révèle aux yeux du grand public. Mais Alexandra David Néel a beaucoup d’autres cordes à son arc : chanteuse d’opéra dans sa jeunesse, spécialiste de la culture orientale, elle est aussi militante féministe, journaliste et écrivaine. En 1946, après des décennies d’aventures, elle regagne la France et sa maison de Digne-les-Bains. A la croisée de la Provence et des Alpes, le Pays dignois est son refuge, son « Himalaya pour lilliputiens », comme elle se plait à le surnommer. L’ancienne maison d’Alexandra David-Néel abrite aujourd’hui un musée, qui témoigne de la richesse de son existence.

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Niki de Saint Phalle

Une artiste phare au MAMAC de Nice

Plasticienne et peintre, Niki de Saint Phalle a profondément marqué l’art de la seconde moitié du XXe siècle. Membre des nouveaux réalistes, un courant artistique dérivé du Pop art américain qui détourne les codes de la société de consommation pour dénoncer son absurdité, Niki de Saint Phalle est particulièrement connue pour ses « Nanas », des sculptures fémininités aux formes généreuses. La lutte contre les discriminations, raciales ou sexistes, est également au cœur de son œuvre. C’est d’ailleurs le sens de sa « Nana noire », exposée au MAMAC de Nice, à qui l’artiste a fait une donation exceptionnelle en 2002 : « la Nana noire, c’est le symbole d’une utopie, un monde où Noirs et Blancs seraient égaux… Tout comme les hommes et les femmes ».

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Nina Simone

Dernières années à Carry-le-Rouet

Figure du jazz et du blues américains, vedette de scène, Nina Simone s’illustre aussi dans la lutte pour les droits civiques des noirs américains, à partir du milieu des années soixante. L’inégalité raciale et la violence dont ils sont régulièrement la cible la révoltent. Elle en fait l’un des thèmes phares de ses chansons, dont certaines sont censurées. Alors que sa carrière est sur le déclin, Nina Simone s’installe en France en 1992. D’abord à Paris, puis dans le Sud, à Bouc-Bel-Air puis Carry-le-Rouet, sur la Côte Bleue. Elle y réside jusqu’à sa mort en 2003.

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Colette

Une femme de lettres sur la Côte d’Azur

Deuxième femme élue à l’académie Goncourt en 1945, Colette a érigé l’anticonformisme en mode de vie. Indifférente au scandale, elle se produit au music-hall en tenue légère et affiche ouvertement sa bisexualité. Séduite par les charmes de la Côte d’Azur, l’auteur du « Blé en herbe » y séjourne régulièrement. D’abord à Sainte-Maxime, puis dans sa villa de Saint-Tropez, la Treille-Muscate. C’est ici que Colette écrit « La naissance du jour », où elle s’épanche sur la nostalgie des jours passés.

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Marie-Laure de Noailles

Mécène à Hyères

Mécène, commanditaire et collectionneuse, Marie-Laure de Noailles forme avec son mari, Charles de Noailles, l’un des couples les plus influents du milieu artistique français de la première moitié du XXe siècle. Au début des années 1920, Marie-Laure et Charles de Noailles font édifier à Hyères la Villa Noailles, symbole de l’architecture avant-gardiste de l’entre-deux guerres. Sans cesse repensée, améliorée, la Villa Noailles, œuvre de l’architecte Robert Mallet-Stevens, devient, grâce aux réceptions mémorables organisées par Marie-Laure de Noailles, l’un des centres de gravité de l’avant-garde artistique qu’elle n’a eu de cesse de soutenir et d’encourager.

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Simone de Beauvoir

Marseille ou la liberté

Nous sommes en 1931. Jeune professeur de philosophie, Simone de Beauvoir quitte Paris pour Marseille, où elle vient d’être nommée. Comme elle le racontera plus tard dans ses mémoires, la cité phocéenne, symbole d’émancipation et de liberté, la charme par ses couleurs chatoyantes et la vie qu’elle dégage. « J’avais laissé ma valise à la consigne et je m’immobilisai en haut du grand escalier. « Marseille », me dis-je. Sous le ciel bleu, des tuiles ensoleillées, des trous d’ombre, des platanes couleur d’automne ; au loin des collines et le bleu de la mer ; une rumeur montait de la ville avec une odeur d’herbes brûlées et des gens allaient, venaient au creux des rues noires. Marseille. J’étais là, seule, les mains vides, séparée de mon passé et de tout ce que j’aimais, et je regardais la grande cité inconnue où j’allais sans secours tailler au jour le jour ma vie. »

Simone de Beauvoir, La Force de l’âge (Gallimard).

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Simone Veil

Naissance et enfance à Nice

« Je me sens très Niçoise. J’y ai eu une enfance très heureuse. Plus je vieillis, plus le passé m’est très présent », disait Simone Veil, disparue en 2017, à propos de sa ville natale. Elle a passé à Nice les 16 premières années sa vie, avant que tout ne bascule avec sa déportation à Auschwitz. Après la guerre, elle devient magistrate, puis ministre de la Santé en 1974. A l’Assemblée nationale, pourtant très majoritairement masculine et hostile, elle parvient à faire adopter la loi dépénalisant le recours à l’interruption volontaire de grossesse. Elle a par ailleurs largement influencé la loi de 2000 sur la parité.

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